03 mai 2010
Quand la peur change de camp: Le Gouvernement camerounais boycotte le Comité des Nations Unies contre la Torture (CAT)
La « diplomatie buissonnière », ainsi
pourrait se résumer l’attitude du gouvernement camerounais vis-à-vis du Comité
des Nations Unies contre la Torture (CAT) ! De quoi s’agit-il ?
L’ordre du jour de la 44 e session de la CAT - qui se
tient à Genève du 26 avril au 14 mai-avait prévu d’auditionner le gouvernement
camerounais sur l’état de la mise en œuvre de la convention contre la torture
au Cameroun et surtout d’examiner, en présence des autorités camerounaises, le
4e rapport périodique déposé par le gouvernement à la CAT. L’audition
du Cameroun était d’ailleurs prévue pour les 28 et 29 avril.
Anatole. Fabien Marie Nkou, le chef de la mission
permanente du Cameroun à Genève, avait d’ailleurs confirmé la participation du
Gouvernement camerounais par Fax No 073/NV/MPCG/PS1/S1 du 27 avril 2010, dans
lequel il communiquait au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits
de l’Homme, la liste de la délégation devant défendre le rapport du Cameroun
lors de cette 44e session de la CAT. Dans ce Fax Marie Nkou cite Aurelien Eteki,
Francois Ngantcha, Bertin Bidima et lui-même comme faisant partie de la délégation
camerounaise à la 44e session du Comité. Le décor était donc tout planté
pour la participation du Cameroun, surtout que le Gouvernement de Philémon Yang
avait pris soin d’envoyer depuis mars 2010 ses réponses aux préoccupations
soulevées par la CAT suite au 4e rapport périodique du Cameroun. Que
s’est-il donc passé pour que le Cameroun décide de boycotter purement et
simplement son audition?
Le Rapport du CODE
et l’affaire Bibi N’gota contrarient les plans du régime Camerounais
Nos sources au
sein de la mission du Cameroun à Genève soutiennent que l’ambassadeur Anatole
Nkou serait entré dans une colère extrême après avoir appris que le CODE a
déposé auprès de la CAT un contre rapport démolissant les thèses du
gouvernement notamment sur la prétendue abolition de la torture au Cameroun et
sur la justification des tueries de février 2008. En plus soutient notre
informateur « dès que son Excellence Nkou a été informé qu’une délégation
du CODE composé d’experts de droits de l’Homme serait reçue par la CAT, le
mardi 27 avril, il n’a pas pu se retenir et a immédiatement bondi sur son téléphone
pour appeler Yaoundé ». C’est donc après avoir demandé la conduite à tenir
à sa hiérarchie au Cameroun que Anatole Nkou a envoyé un 2e fax à la
CAT, estampillé «urgent», dans lequel il informe le Haut commissaire des
Nations Unies pour les Droits de l’homme que «la délégation camerounaise n’est
pas prête pour son audition les 28 et 29 mais et vous prie de bien vouloir la
reporter à une date ultérieure » sans autre précision. Non content d’avoir
envoyé ce message, Mr Nkou se serait saisit de son téléphone pour protester de vive voix auprès du Comité de ce que « des
terroristes et des groupes d’opposants au service de l’étranger, qui salissent
l’image du Cameroun et de ses institutions », soient reçus par la CAT.
Avant de raccrocher, Mr Nkou informe le bureau du Haut commissaire aux Droits
de l’Homme de ce que « la délégation camerounaise ne se sent pas en
sécurité à partir du moment où des groupes de terroristes et d’opposants au
régime sont conviés à cette réunion ». Anatole Nkou ne cite à aucun moment le nom du
CODE, mais tout le monde a compris de quoi il parle ! Le bureau du Haut Commissaire
aux Droits de l’Homme s’est évertué à expliquer à Mr Nkou que la convention
contre la torture prévoit l’audition des ONG intéressées par les questions de
lutte contre la Torture, au même titre que les gouvernements et les délégations
officielles, sans le convaincre.
Rappelons que dans un Rapport du 20 avril 2010, le
Comité Exécutif du CODE sous la signature de Moise Essoh,
Tene Sop, Patrice Ndjoumi et Franklin Nyamsi avaient adressé un rapport
très critique contre le régime de Paul Biya, au Comité contre la Torture pour « mettre
en lumière la pratique de la torture comme mode de gouvernement au Cameroun ».
Cette même organisation avait déjà saisi en février de cette année, le
procureur de la Cour Pénale Internationale pour lui demander de « considérer
les massacres contre les populations civiles de février 2008 au Cameroun »
comme crime contre l’humanité avec des suites juridiques conséquentes »
L’Autre motif de la fuite du gouvernement camerounais
serait la tournure prise par le décès du journaliste Bibi Ngota dont les
proches affirment –preuves á l’appui- qu’il a été torturé par la police depuis
son arrestation en février 2010, avant d’être écroué sans soins à la maison d’arrêt
de Nkodengui à Yaoundé.
Il aurait été particulièrement embarrassant pour les
autorités de Yaoundé, de se présenter à la CAT et de continuer à soutenir que « la
torture au Cameroun relève du passé» alors qu’un journaliste vient fraîchement de
mourir en prison avoir justement avoir été …torturé !
Le gouvernement camerounais a donc choisi de prendre
la « clé des champs », plutôt que d’aller assumer ses crimes et ses massives
violations des droits humains devant le Comité contre la Torture de l’ONU.
Le groupe d’opposants réuni au sein du CODE semble
être devenu au fil du temps, une véritable obsession, une véritable pierre dans
la chaussure du régime dictatorial de Paul Biya. Le CODE a en effet pris une influence
croissante dans les cercles diplomatiques internationaux et est devenu une une
réelle source de préoccupation pour les sécurocrates et les stratèges du régime
à Yaoundé. On se souvent que dans sa « Lettre à la Diaspora » datée
du 06 mars 2010, Mr Eyebé Ayissi, le ministre des relation extérieures du
Cameroun promettait déjà de réserver aux organisations comme le CODE (…), qui
sont des agents au services de l’étranger, le traitement diplomatique qu’elles
méritent…(…) »
Le CODE et la
FIACAT reçus par le Comité contre la Torture.
A la suite du 4e rapport périodique rapport
du Cameroun á la CAT, deux ONG le CODE (Collectif des Organisations
Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise) et l’ACAT,
représentée par la FIACAT (Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens
pour l’Abolition de la Torture) avaient fait des observations sur le rapport du
gouvernement camerounais, qui ont d’ailleurs été publiées sur le site du Comité
contre la Torture. Ces Deux organisations ont été reçues le mardi 27 avril dans
l’après midi au siège de la CAT à Genève.
La délégation du CODE était conduite par son Secrétaire
Exécutif en exercice, le Dr Moise Essoh. Nous n’avons pas pu avoir le nom de la
dame qui représentait la FIACAT.
Moise Essoh dans son exposé à la CAT a demandé au
Comité de ne pas recevoir l’argument du Cameroun selon lequel « les forces
de l’ordre ont agi en état de légitime défense » et a insisté pour que ces
« tueries préméditées et programmées fassent l’objet d’une enquête
internationale indépendante afin que les auteurs de ces crimes contre l’humanité
répondent de leurs actes ». Monsieur Essoh ensuite parlé de la mort du
journaliste Bibi Ngota qui pour selon lui est un « assassinat politique du
régime antidémocratique au pouvoir au Cameroun» auprès de la CAT sur les
massacres de février. « Monsieur Germain bibi Ngota est mort après avoir
été torturé par des agents de la police qui sont identifiés et connus du
gouvernement. Si le régime de Biya qui prétend que la « torture au Cameroun
relève du passé » veut vraiment éradiquer ce fléau, il faut qu’il nous le
prouve en mettant aux arrêts les tortionnaires de Bibi NGota » a conclu le
Secrétaire Exécutif du CODE, dont les mains étaient chargées d’un volumineux
dossier de presse sur les violations des Droits de l’Homme au Cameroun qu’il
semblait avoir du mal à porter.
La représentante de la FIACAT a quant á elle insistée sur la surpopulation
carcérale au Cameroun et les conditions de détentions inhumaines qui sont
celles des prisonniers camerounais. Elle a aussi pris le cas du journaliste
Bibi Ngota pour illustrer le mauvais traitement que subissent chaque jour des
milliers de détenus dans les prisons camerounaises.
Nous apprenons en terminant cet article qu’après moult
tractations, la Délégation camerounaise aurait accepté d’être auditionnée le
lundi 07 mai avec comme condition que la CAT assure la sécurité delà délégation
contre certains éléments perturbateurs qui ont décidé à nuire á l’image du
gouvernement Camerounais. Nos sources nous informent que cet alibi de sécurité
brandit par l’ambassadeur Nkou serait un alibi pour encore boycotter l’audition
du 07 mai…
Décidément la peur a vraiment changé de camp….
Essama Benoit Joël,
Journaliste indépendant, Genève
15 décembre 2009
Jean Bosco Talla, écroué nuitament à la prison centrale de Yaoundé
Jean-Bosco Talla, le directeur de publication du journal Germinal, placé depuis quelques jours en garde à vue dans une cellule du Sécrétariat d'Etat à la Défense (SED), a été conduit cette nuit (14 décembre 2009 autour de 20h30) à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui où il a été placé en détention très provisoire.
Selon des informations, M. Talla fera l'objet, "exceptionnellement", d'un procès marathon demain matin au tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé, lequel aboutira, "sur instruction du Palais", à une condamnation sur le chef d'atteinte à l'honneur du chef de l'Etat, M. Paul Biya.
Le pouvoir de M. Paul Biya serait, en effet, très gêné par la pression médiatique nationale et internationale subie suite à la décision de faire arrêter le journaliste. La stratégie de la condamnation en instance devrait envoyer le journaliste dans les méandres des complexes procédures judiciaires, ce qui poussera les organisations de défense de la liberté de la presse et les politiques à oublier progressivement le concerné comme ce fut le cas pour d'autres comme Lexis Medjo, le directeur de publication de La Détente Libre.
Jean Marc Soboth -
P.O. Box: 5580 Akwa Douala - Rep of Cameroon - Phone : + 237 9 996 90 37 - Fax : + 237 3 342 66 29
13 décembre 2009
Le CODE dénonce le harcèlement contre le Journaliste Jean Bosco Talla
Le CODE exige la libération immédiate du journaliste Jean Bosco Talla !
Le journaliste Jean Bosco Talla, Directeur de Publication du Journal Germinal est en détention dans les locaux du SED (Secrétariat d’Etat à la Défense) à Yaoundé, depuis le Jeudi 10 décembre, pour «Outrage au Président de la République et propagation de fausses nouvelles». Ce n’est pas la première fois que Jean Bosco Talla est confronté à la répression du régime dictatorial de Paul Biya. En 2007, alors qu’il enquêtait sur l’enrichissement illicite des dignitaires du pouvoir corrompu de Yaoundé, JB Talla a été enlevé à Zoétélé, menotté, les yeux bandés et transporté dans le coffre arrière d’un véhicule et conduit à Douala. Pour rappel, les informations ainsi recherchées par Jean Bosco Talla se sont par la suite avérées fondées, et ont pu entre autres servir au rapport sur les biens mal acquis rédigé par l’ONG CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement).
En juillet 2009, J. B Talla avait déjà reçu des menaces très explicites de mort, après la publication de ce rapport de la CCFD qui accusait Paul Biya et les membres de sa famille biologique de posséder des biens mal acquis en France. Mr Talla avait alors été accusé par les thuriféraires du régime antidémocratique de Paul Biya, d’avoir fourni de «fausses informations» à l’ONG française.
Le 03 décembre 2009, suite à la parution du N° 46 du Journal Germinal, le journaliste J. B. Talla a de nouveau reçu des menaces d’un haut cadre du régime qui lui a balancé les propos suivants: « Faites très attention à ce que vous écrivez parce que vous pourriez connaître le même sort que celui qui a été réservé à la "Princesse"», (NB : La «princesse», sœur cadette du «feyman» (escroc) Donatien Koagne, a été retrouvée égorgée à son domicile, au quartier Santa Barbara à Yaoundé, il y a deux ans !). Le 03 décembre toujours, un autre dignitaire du pouvoir de Yaoundé a déclaré à M. Talla «faites très très attention car vos éditoriaux dans Germinal sont hautement subversifs et sont de véritables appels à la révolution contre le régime».
Il est donc très évident que Jean Bosco Talla est un journaliste dont les écrits dérangent le pouvoir liberticide de Paul Biya.
Face à un régime criminel habitué depuis 27 ans à maquiller en faits divers les plus cocasses, les assassinats politiques des Camerounais et des étrangers (braquages dans la rue, accident de la route, affaire de mœurs, etc.), les menaces de mort contre Jean Bosco Talla méritent toute l’attention des Organisations de Défense des Droits Humains et des patriotes Camerounais que le CODE appelle à protester de toute leur énergie contre les pratiques scélérates du régime barbare de Paul Biya.
Le CODE dénonce le harcèlement dont est victime le journaliste Jean Bosco Talla et exige sa libération immédiate.
Le CODE exige aussi que les auteurs des menaces de mort à l’endroit de Mr Talla soient démasqués et traduits devant les tribunaux.
En tout état de cause, nous tiendrons Paul Biya en personne, pour responsable de toute atteinte à la sécurité physique du journaliste Jean Bosco Talla, dont le seul crime est d’avoir fait sérieusement son métier de journaliste.
Fait à Paris, ce 13 décembre 2009
Pour le Comité de Coordination du CODE,
Tene Sop Moise Essoh
Secrétaire à la Communication Secrétaire Exécutif
02 juillet 2009
Toutes les infos sur la préparation de la visite de Biya en France
Voici le lieu de rendez-vous des informations sur la visite de Biya en France en juillet. Tous les scoops de dernière minute, les infos utiles pour bien accueillir notre dictateur national, devenu le dernier baron de la Françafrique, après que tous ses promotionnaires soient partis les uns après les autres.
